L'Eglise Saint-Etienne, Monument historique du XIIe siècle
Historique
L'église Saint-Etienne de Vaux-sur-Mer est le dernier vestige de l'abbaye bénédictine fondée en 1075 par deux chevaliers de la maison de Mortagne, Arnaud et Pierre Gémon. Martin, le premier abbé, venait de l'abbaye de Maillezais, en Vendée, qui assura la protection des moines de Vaux jusqu'en 1160. En 1170, une bulle du pape Alexandre III précise les privilèges de l'abbaye et mentionne ses possessions, notamment les églises de Saint-Palais, Saint-Sulpice, Saint- Augustin, Thaims, Arces... Le Cartulaire de l'abbaye Saint-Etienne de Vaux, manuscrit du XIIIe siècle sur parchemin, conservé à la Bibliothèque Nationale de France, indique les donations faites à l'abbaye de 1075 à 1270. Les revenus des moines sont évalués à 3000 florins d'or. La grande peste de 1348 et la guerre de Cent ans ruinent les bâtiments conventuels. L'abbaye est même abandonnée pendant 50 ans. Quand les religieux reviennent en 1418, les revenus sont tombés à 150 florins d'or. L'abbaye est aux mains des Huguenots pendant les guerres de Religion. L'église mutilée n'en demeure pas moins un des fleurons de l'art roman en Saintonge. Elle est classée Monument historique depuis le 04 septembre 1913.
Descriptif
Le clocher trapu est reconstruit sur le carré du transept dont les bras ont disparu. Il ne reste plus qu'une seule trompe, unique témoin de l'ancienne coupole. La nef en ruine a été abattue en 1822. Le choeur, voûté en berceau, est précédé d'un arc triomphal portant quatre chapiteaux historiés remarquables : la vigne et les colombes eucharistiques, d'inspiration paléochrétienne, David et l'Ours ou la condition de l'homme menacé par les entreprises du démon et la Lapidation d'Etienne. Les vitraux modernes de bonne facture ornent les étroites fenêtres en plein cintre. Le chevet semi-circulaire, divisé en trois aires par des colonnes-contreforts, est richement décoré dans sa partie supérieure, comportant une série d'arcatures qui se prolonge sur les murs du choeur. Sous les tuiles romanes, les modillons sculptés offrent une variété de motifs humains et animaliers mêlant le profane et le sacré. Quatre autres chapiteaux historiés au sommet des colonnes-contreforts méritent la plus grande attention. On retrouve le thème de la vigne eucharistique, mais aussi Adam et le péché originel, l'Arbre de vie et une évocation très originale du duel judiciaire. La qualité de conservation et la valeur symbolique des huit chapiteaux historiés leur confèrent un incontestable intérêt.










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